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Conseiller de programmes

Le ou la conseiller(ère) de programmes travaille généralement pour une chaîne de télévision. Sa mission : rechercher et proposer les programmes qui correspondent à la ligne éditoriale de la chaîne, en assurer la conception ou l'achat, puis suivre leur fabrication jusqu'à la diffusion, sur les plans artistique, technique, budgétaire, marketing et juridique.

Il est le premier maillon éditorial de ce que voit le public : c'est lui qui repère un format, croit à un projet, et le porte jusqu'à l'antenne.

En quoi consiste le métier de conseiller de programmes ?

Le conseiller de programmes exerce sous la responsabilité d'un responsable d'unité de programmes ou directement de la Direction des programmes. Il est le plus souvent rattaché à une unité thématique : culture, spectacles, magazines, documentaires, fictions, cinéma, divertissements, jeunesse.

C'est la Direction des programmes qui définit la ligne éditoriale de la chaîne, avec une stratégie sur plusieurs années. Cette ligne détermine les choix du conseiller de programmes, et donc la grille. À partir de ce cadre, il travaille dans deux directions : acheter des programmes existants (veille sur la production nationale et internationale, prospection sur les marchés comme le MIPCOM avec le chargé d'acquisitions, sélection, négociation) ou faire produire de nouveaux programmes.

Dans ce second cas, il décrit un concept d'émission destiné à une case de la grille, le formalise dans un cahier des charges éditorial, puis lance un appel à projets auprès des producteurs. Il examine les propositions et les scénarios, retient celui qui a le meilleur potentiel (en tenant compte de sa faisabilité financière) et peut réunir plusieurs producteurs sur un projet d'envergure. Tous les projets retenus sont soumis à la décision de la Direction des programmes.

Il assure ensuite le suivi de fabrication : accompagnement du producteur, lecture du scénario, suivi de la réalisation et du montage, validation finale pour les programmes lancés en production ; doublage, sous-titrage et mise aux normes de diffusion pour les programmes achetés. Enfin, il analyse les courbes d'audience, teste et pérennise le programme auprès de sa cible, et oriente les choix de promotion avec les équipes communication et marketing.

VOTRE FUTUR MÉTIER

Responsabilités et missions
  • Participer à la définition de la stratégie d'acquisition de programmes
  • Assurer une veille permanente sur la production nationale et internationale de son unité (fiction, documentaire, culture…)
  • Prospecter sur les marchés de programmes internationaux (MIPCOM), avec le chargé d'acquisitions
  • Sélectionner les projets répondant à la ligne éditoriale de la chaîne
  • Acheter des programmes et négocier leur acquisition
  • Établir le cahier des charges éditorial et lancer les appels à projets
  • Suivre la production des programmes achetés (doublage, sous-titrage, normes de diffusion) ou lancés en production (scénario, réalisation, montage, validation)
  • Gérer le budget alloué à l'achat et à la production de programmes
  • Analyser les courbes d'audience, tester et pérenniser le programme auprès de sa cible
  • Orienter les choix de promotion avec les équipes communication et marketing
Les quotas de diffusion à respecter

Les chaînes de télévision sont soumises à des quotas : 60 % des œuvres diffusées doivent être d'origine européenne et 40 % d'expression originale française. Ces quotas s'appliquent sur l'ensemble de la journée et aux heures de grande écoute. Le conseiller de programmes intègre donc cette contrainte réglementaire dans chacune de ses propositions. (Source : ARCOM, les quotas de diffusion à la télévision.)

Qualités et compétences
  • Connaissance des mécanismes de production et de financement des acquisitions, en France et à l'international
  • Capacité à évaluer un scénario ou un projet de programme
  • Connaissances en droit audiovisuel (droits d'auteur, droits d'exploitation, droits dérivés)
  • Compétences en techniques de programmation et en gestion budgétaire
  • Excellent relationnel : échanges avec producteurs, réalisateurs, auteurs, chargés d'acquisitions
  • Solide culture générale et créativité artistique
  • Adaptabilité, objectivité, réactivité, autonomie et intuition
  • Force de conviction et aptitudes à la négociation
  • Anglais courant ; une seconde langue étrangère est un plus
Le salaire d'un conseiller de programmes

La rémunération varie selon l'expérience, la taille de la chaîne et l'unité de rattachement :

  • Début de carrière : autour de 30 000 à 36 000 € brut par an
  • Profil confirmé : de 38 000 à 50 000 € brut par an
  • Responsable d'unité de programmes : au-delà de 55 000 € brut par an

Les chaînes nationales et les grands groupes audiovisuels offrent des grilles plus élevées que les chaînes thématiques ou régionales.

VOUS Y FORMER

Comment devenir conseiller de programmes ?

Le métier est généralement accessible après un Bac+3 à Bac+5 en audiovisuel, marketing, communication ou une école spécialisée en production audiovisuelle. Au-delà du diplôme, deux atouts font la différence : une solide culture des programmes (formats, genres, marchés) et la capacité à évaluer un projet autant sur son potentiel éditorial que sur sa faisabilité financière.

Les recruteurs sont les chaînes nationales, les chaînes thématiques et les groupes audiovisuels. Une expérience en société de production ou en acquisitions est un tremplin fréquent.

Quelle formation pour devenir conseiller de programmes ?

Une formation spécialisée dans le management des industries audiovisuelles est le meilleur tremplin, car elle couvre la production, l'acquisition, l'économie et le droit de l'audiovisuel. À l'EMIC, le MBA Production Audiovisuelle forme aux métiers des programmes et de la production TV, au contact de professionnels du secteur (TF1, Canal+, Mediawan, France Télévisions, Gaumont…). Il est accessible après un Bac+4, à l'issue de la 2e année en management des industries culturelles et créatives.

Évolutions de carrière du conseiller de programmes

Le métier ouvre plusieurs perspectives au sein d'une chaîne :

  • Responsable d'unité de programmes, puis directeur des programmes
  • Responsable des acquisitions ou de la stratégie éditoriale
  • Passage côté production ou réalisation
  • Éditorial et acquisitions chez une plateforme de streaming

Le métier évolue avec la concurrence des plateformes, qui a bouleversé la valeur des programmes de stock et accéléré la course aux formats et aux droits.

FAQ : conseiller(e) de programmes

Quelle différence entre un conseiller de programmes et un chargé de programmation ?

Le conseiller de programmes travaille sur le contenu : il repère, achète ou fait produire les programmes. Le chargé de programmation travaille sur la grille : il place les programmes disponibles aux bons horaires selon l'audience visée. L'un remplit le stock, l'autre l'ordonne.

Quelle différence entre un conseiller de programmes et un responsable des acquisitions ?

Le conseiller de programmes juge de la pertinence éditoriale d'un programme pour sa chaîne ; le responsable des acquisitions négocie et sécurise l'achat des droits. Ils travaillent ensemble sur les marchés internationaux comme le MIPCOM.

Le conseiller de programmes décide-t-il seul des programmes retenus ?

Non : il propose et défend ses choix, mais tous les projets retenus sont soumis à la décision de la Direction des programmes, qui arbitre en fonction de la ligne éditoriale et des budgets.

Le métier implique-t-il des horaires décalés ?

Peu, contrairement à d'autres métiers de l'audiovisuel : c'est un travail de bureau aux horaires assez réguliers. Les déplacements sont ponctuels, surtout lors des marchés internationaux et des tournages suivis.

Le métier existe-t-il chez les plateformes de streaming ?

Oui : les plateformes ont leurs propres équipes éditoriales et d'acquisitions, qui remplissent une fonction équivalente. La logique change toutefois : pas de grille ni d'heures de grande écoute, mais un catalogue et des indicateurs de visionnage.