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de CANDIDATURE

3 questions à : Frantz Steinbach, Entrepreneur culturel et professeur à l’EMIC

fratzsteinbachFrantz Steinbach, entrepreneur culturel et associé dans plusieurs structures liées à la musique, est professeur à l’EMIC. Il nous explique son parcours et sa vision en insistant sur la nécessité, pour nos étudiants de MBA 2e année musique, d’acquérir le savoir-faire particulier du secteur, passant par une plus grande expertise, transversale et spécifique. Co-fondateur et directeur du Festival Kiosquorama, directeur du développement stratégique du Weather festival et co-producteur des Kiosques Electroniques, Frantz Steinbach répond à nos questions.

1) Bonjour Frantz, quel est votre parcours ?

Bonjour. Mon parcours est assez singulier. Après avoir travaillé dans un label en tant que chargé de production, j’ai monté en 2007 ma première structure avec mes associés, M&A. En 3 ans nous avons sorti plus de 60 albums thématiques, produit 30 émissions musicales pour TV et lancé le Festival Kiosquorama. Depuis, mes activités n’ont cessé de se développer.
Aujourd’hui, toujours porté par l’aventure humaine et les défis entrepreneuriaux, je suis associé dans 18 projets, qui couvrent les champs de la Création, de la Production et de la Diffusion de contenus culturels, avec un axe majeur : la musique. On y retrouve, entre autres, l’édition musicale (District 6 France), l’entreprise de spectacles (le festival européen Kiosquorama, le Weather, Les Kiosques Electroniques), l’innovation (les applis SoundCharts, 1D Lab-DiverCities), le conseil et la stratégie des projets publics-privés (LaboCulture) mais aussi des ERP flottants à Pantin et à Lisbonne.

Parallèlement je suis très engagé depuis des années dans des projets d’intérêt général et de défense mutualiste de nos filières : Les Pierrots de la Nuit, le collectif Nuit Vive-Collectif Action Nuit, le Réseau MAP-Musiques Actuelles de Paris (dont je suis Vice-Président depuis 2010) ; je suis aussi Commissaire des variétés à la SACEM depuis 2012, je siège dans les Conseils Parisiens de la Nuit, de la Musique et du Tourisme auprès de la Mairie de Paris, et j’ai été nommé Fédérateur de Pôle d’Excellence Nuit auprès du Ministre des Affaires Etrangères Jean-Marc Ayrault et du Secrétaire d’Etat au Tourisme, Mathias Fekl en 2015.

Aujourd’hui, en plus du financement et du développement stratégique de mes projets, je travaille quotidiennement avec les institutionnels, principalement des élus et organisations professionnelles de 9 territoires européens (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Espagne et Portugal) sur les sujets de Culture, Tourisme et Nuit.

2) Vous dirigez de nombreux festivals, quels sont pour vous les grands enjeux pour un festival à Paris ?

Un festival est avant tout un vecteur d’attractivité pour le territoire qui l’accueille.
L’enjeu est donc de conquérir non seulement le public local, qui mérite sa tribune pour les artistes qu’il suit près de chez lui, mais aussi de séduire un public national et international.
Il faut aussi comprendre que le secteur des festivals de musique est en pleine mutation. Aujourd’hui, nos publics ne veulent plus de simples concerts, ils souhaitent vivre une expérience en choisissant de venir sur l’un de nos événements. Et c’est bien normal. Le temps du Festival à la Papa est révolu, on veut de l’ambiance, un parcours, une expérience totale. C’est ce que l’on s’efforce de faire sur chacun de nos événements. Et avec succès: on fête les 8 ans de Kiosquorama et les 4 ans du Weather, nos publics nous suivent plus que jamais, et nous sommes présents dans 6 territoires en Europe.

Ainsi, l’enjeu actuel, non seulement à Paris mais sur tout le territoire, est principalement de casser certains freins législatifs ; il est nécessaire d’adapter nos textes au contexte européen pour que nous soyons compétitifs sur notre offre. Car nous sommes en retard sur nos confrères de Londres, de Rotterdam, d’Hambourg, de Madrid, de Barcelone ou de Lisbonne.
Il faut ainsi permettre les ouvertures continues de 24h des établissements, installer le droit d’antériorité d’activité, développer les aides à l’investissement en faveur des lieux et des festivals. Il faut aussi que les collectivités et l’Etat prennent en charge les travaux (simples) de rénovation, d’installations et d’adaptations techniques (électricité, barrierages, structures scéniques pérennes…) des sites qui reçoivent nos activités festivalières temporaires, et qu’ils accompagnent plus franchement le risque de ceux qui osent produire sur l’espace public.

Il faut aussi une prise de position courageuse de la part de l’Etat sur l’exception culturelle festivalière comme il l’a fait pour le cinéma, pour garantir une diversité d’expression de nos acteurs locaux qui agitent et fertilisent nos territoires au quotidien. Le tout dans une vision politique environnementale et sociétale pour enfin considérer la culture comme un levier de croissance économique.

3) Quels sont les 3 conseils que vous pourriez donner à un étudiant qui veut travailler dans un festival (production ou communication) ?

Aujourd’hui, il est très rare d’avoir à faire à un spécialiste-expert de son propre métier qui connait et maitrise l’ensemble de la filière dans laquelle il évolue.
Je n’ai de cesse de dire que l’avenir social (dans le travail donc) ne se fera que grâce à cette expertise, plus globale et transversale. Et donc au savoir-faire du candidat, car cela se raréfie.
Notre étudiant doit donc en conséquence se constituer un réseau grâce aux professeurs de l’EMIC et lors des événements pros de la filière (et ils sont nombreux) et faire un stage à l’issue de la formation.