Trois questions à… Pierre Halart, réalisateur vidéo indépendant

Bonjour Pierre, pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

J’arrive en 2008 à Paris et intègre l’ESRA (Ecole Supérieure Réalisation Audiovisuelle) pour en sortir diplomé dans la filière vidéo. Les impératifs de la vie parisienne vont rapidement m’emmener vers des métiers plus techniques : après plusieurs stages en tant que monteur ainsi que des premières expériences d’assistant opérateur aux quatre coins du monde, je me lance en tant que réalisateur. Puis, j’ai décidé de créer ma propre structure de production. Mon background ‘technique’ m’a aidé et ces expériences m’ont permis de devenir un producteur indépendant de brand content, de films d’entreprises tout en développant mes propres projets de documentaires et de vidéos artistiques. Mon statut d’indépendant me permet de cumuler casquette de producteur et de réalisateur et ça c’est particulièrement stimulant tant ces deux métiers sont liés.

En quoi consiste votre métier ?

Le point de départ c’est la prise de brief que j’effectue auprès d’un client. Lors de cette réunion initiale s’expriment des besoins en terme de communication ainsi que des ambitions artistiques. Cette première approche me permet de mettre au point un concept qui une fois affiné devient un script de tournage (voir un scénario, un mood board et un story-board dans certains projets). Mon travail est donc de faire cohabiter ces impératifs de communication avec une culture de l’image et une approche esthétique tout en obéissant à une dimension économique.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Ce qu’il y a de passionnant dans ce métier aujourd’hui, c’est qu’il bouge en permanence et que ses frontières sont mobiles. En tant que producteur ou réalisateur on joue donc ce rôle de technicien pionnier qui va tenter de trouver un concept pertinent pour en faire un format durable. Cet aspect est passionnant vu le contexte de culture jetable dans lequel on n’évolue aujourd’hui : il est indispensable d’exercer ce métier avec une grande culture artistique (portant aussi bien sur une culture d’histoire de l’art et de littérature que sur une culture de la télé et des réseaux sociaux) mais surtout avec une vision qui échappe à la dictature de l’immédiateté à laquelle nous condamne le web.