Portrait étudiant : Eliott Bothorel, assistant musique chez Studio Canal

Eliott Bothorel

 

Bonjour Eliott, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Eliott, j’ai 26 ans, originaire de Bretagne. Je suis actuellement en Master 2 Management des Industries Musicales à l’EMIC. En parallèle de ça je m’occupe d’une association qui a pour but de promouvoir la musique électronique dans l’Ouest de la France. 

Quel est ton job actuel et en quoi consiste-t-il ?

 

Je suis en alternance chez Studio Canal au Département Musique, c’est un poste très complet où l’on touche à tout dans le secteur de l’édition. Je m’occupe autant du catalogue des BO de films que des nouvelles licences phonographiques des prochains films à venir. L’objectif premier est la mise en exploitation de ces BO. 

Qu’est ce qui fait la renommée de ta société ?

 

Studio Canal possède un des plus grands catalogues de musique de films. Nous travaillons sur de très grands films existants et à venir. C’est très intéressant quand on est passionné à la fois de musique et de cinéma de se retrouver dans ce genre d’entreprise. On travaille au milieu de tout ce qu’on aime et c’est ce qui est le plus plaisant.

Peux-tu nous présenter l’une de tes journées type ?

 

Ce qui fait la force de ce poste c’est qu’il n’y a pas réellement de journée type. Je vais être en contact avec la SACEM pour faire des dépôts d’œuvre mais également avec plusieurs labels pour tout ce qui concerne les droits phonographiques. Il faut aussi toujours être à l’écoute des prochains compositeurs ou compositrices du moment et en discuter ensemble. Je travaille avec des gens passionnés et passionnants avec qui j’apprends un peu plus chaque jour, ce qui me permettra à la fin de ce master d’être prêt à rentrer dans la vie active. 

Quel est ton parcours ?

 

J’ai un parcours assez mouvementé, j’ai passé un Baccalauréat Littéraire option Théâtre, et c’est à partir de ce moment que j’ai su que je voulais travailler dans la culture. 

Déjà à cette époque, la musique avait une grande importance dans les pièces que j’allais voir ou celles que l’on mettait en scène. J’accordais déjà beaucoup d’importance à la musique à l’image. J’ai rejoint plusieurs associations de musiques électroniques en tant que chargé de com et DJ en parallèle de mes études en communication jusqu’à monter ma propre association : Comme ça. 

J’ai rejoint l’EMIC l’année dernière où j’ai pu faire un premier stage en tant que chargé de casting chez The Voice. J’y ai découvert le milieu de l’audiovisuel et ça m’a tout de suite plu. Le cinéma et la musique ont toujours été au centre de ma vie et c’est pourquoi le fait de rejoindre Studio Canal au Département Musique en alternance est une consécration.

Peux-tu nous parler de ton stage dans l’audiovisuel, ce qui t’a plu dans ce secteur ?

 

J’ai été chargé de casting pendant 6 mois chez The Voice. Mon rôle principal était de rechercher des artistes sur les différents réseaux sociaux ou de traiter les candidatures spontanées, puis d’accompagner ces artistes jusqu’au casting. Je n’étais pas particulièrement attiré par la TV avant cela mais j’aime beaucoup l’émission. 

J’y ai découvert un univers passionnant où l’artiste était au centre de toutes les décisions. J’ai beaucoup aimé tout le suivi artistique qu’il y avait et le contact avec les talents. Nous n’avions pas vraiment d’obligation de résultats, nous pouvions donc prendre le temps de préparer chaque artiste de manière très humaine et très bienveillante sur la durée. Je travaillais notamment avec Bruno Berbères (directeur de casting) qui nous répétait souvent que ce n’est pas le chiffre qui fait la qualité mais la qualité qui fait le chiffre. C’est une phrase qui a son importance, surtout dans un monde comme celui de la TV où l’on peut imaginer que la pression est constante. 

Qu’est ce qui t’a donné envie de travailler au sein des industries créatives ?

 

J’ai toujours été passionné par les industries créatives. D’abord par le théâtre et aujourd’hui par la musique et le cinéma. J’ai longtemps hésité à me lancer là-dedans vis à vis des à priori qu’on peut entendre sur ce genre de métiers mais j’ai découvert l’EMIC et je me suis rendu compte que travail et passion étaient loin d’être indissociables. Durant ma première année de Master j’ai découvert beaucoup de métiers aussi passionnants les uns que les autres et je suis de plus en plus attiré par des métiers dans la musique qui ont un lien avec l’audiovisuel. 

Quel est le choix/la décision dont tu es le plus fier dans ton parcours jusqu’à présent?

 

La décision dont je suis le plus fier c’est d’avoir monté mon association : Comme Ça il y a trois ans. Je faisais déjà partie de plusieurs associations avant ça mais j’ai pris l’initiative avec des amis de fonder ma propre association à but non lucratif. Cette asso a pour but de proposer des événements festifs sans complexes et sans prise de tête. Nous faisons tout de A à Z : booker les DJs, gérer la communication et nous produisons également nos propres événements. 

C’est une expérience très enrichissante notamment parce que nous avons réussi à monter un festival en 2019. Nous avons également essuyé pas mal d’échecs qui m’ont beaucoup appris. 

Qu’est-ce que l’EMIC t’a apporté ?

 

J’ai un parcours très scolaire, je suis allé à la fac après le bac et je manquais clairement de pratique. L’EMIC m’a beaucoup apporté sur les projets à courts et longs termes. Nous sommes directement plongés dans la vie professionnelle, nous travaillons avec des intervenants incroyables qui nous intègrent directement à leur quotidien. Nous n’apprenons pas pour apprendre mais nous apprenons pour faire et pour être.

As-tu des recommandations, des pépites audiovisuelles  à nous partager ?

 

Un de mes gros coups de cœur de ces dernières années c’est le film Good Time (par les frères Safdie). On est directement plongé dans le film en quelques secondes et il faut un moment pour s’en remettre. La soundtrack de Oneohtrix Point Never résume parfaitement tout ce que j’aime dans la BO d’un film : elle vient renforcer la descente aux enfers du personnage principal. 

J’ai beaucoup aimé Climax de Gaspard Noé également, c’est une vraie claque musicale et visuelle. On a une première partie incroyable avec un enchaînement de classiques de la disco et de la house: Cela va de Cerrone à Daft Punk en passant par Lil Louis. Puis on a une deuxième partie plus cauchemardesque avec une soundtrack qui ressemble bien à ce qu’on connaît de Noé. 

Et je ne peux également que recommander la série Twin Peaks de David Lynch avec une musique incroyable de Angelo Badalamenti qui me donne des frissons à tous les coups. Dans la troisième saison, Lynch attache une grande importance à la musique en proposant une chanson live à la fin de chaque épisode.