E3 2019 : l’opinion de Thomas Grellier

Crédit Photo : Martin Garcia/ESPAT Media/Getty

E3, le grand show de l’industrie du Jeu Vidéo qui se tient à Los Angeles, vient de fermer ses portes. Il est temps de faire un point sur les enseignements de cette édition 2019.

Microsoft était attendu car pour la première fois Sony, son illustre rival (mais est-ce toujours le cas ?) était absent du salon. La marque Xbox avait donc la main et pouvait donc imposer son rythme à ce salon, car les annonces d’importance étaient attendues. Finalement, c’est à une conférence assez classique mais diablement efficace à laquelle nous avons assistée. 

Des précisions par rapport aux projets en cours, des nouveaux jeux, une prochaine console qui sortira pour Noel 2020 accompagnée d’un nouvel épisode de Halo , une nouvelle offre prix sur l’offre Xbox Game Pass, un « yeah effect » avec Keanu Reeves sur scène (ici une photo de ce moment). On sent que Microsoft en a gardé sous le pied et n’abat pas toutes ses cartes, en l’absence de Sony. Choix payant ? Nous verrons…

Nintendo, toujours dans son choix de conférence en ligne, n’étonne pas non plus. Il faut dire que les ventes de la Switch sont excellentes, que les annonces des prochains jeux sont des valeurs sures, alors une prise de risque semble inutile. Toutefois, les investisseurs n’ont pas été convaincus et l’on note une baisse du cours de l’action Nintendo, certainement ponctuelle. Le marché s’attendait à des annonces de rapprochement entre Microsoft et Nintendo, à de nouveaux modèles de Switch : pour cela, il faudra patienter…

Du coté des éditeurs, je retiens que Square Enix a rassuré avec notamment la présentation de FF7 Remake et son line up en général. Ubisoft quant à lui a étonnamment axé sa conférence sur des jeux à la thématique assez guerrière avec Watch Dogs Legion et surtout l’ensemble de la gamme Tom Clancy. Après 2 années de conférences brillantes, je suis moins convaincu par le positionnement choisi par Ubisoft cette année. De plus, où sont passés certains des titres annoncés l’an passé ? Mystère.

Enfin EA et Activision blizzard, dans des mesures et pour des raisons différentes, n’ont pas marqué cette édition de l’E3. Rajoutons l’absence (habituelle) de Take 2, cela signifie que les 3 éditeurs américains majeurs ne sont pas les rois en leur pays à l’E3. Cela répond évidemment à une stratégie établie, qui me semble par ailleurs assez pertinente d’un point de vue business…

Finalement, alors que le marché s’attendait à une édition très innovante notamment coté hardware et technologie (nouvelles consoles, accords historiques, « streaming », cet E3 aura été très classique dans la forme et le fond. Classique mais efficace, mais attention à cette posture dans un marché en mutation profonde…