Entretien avec Cyril Morette, Head of Digital Sales Fox Pathe Europa

Après près de 13 ans à différents postes chez Warner bros., Cyril MORETTE a rejoint PATHE FOX EUROPA en 2016 pour prendre en charge la stratégie des ventes digitales. Il a développé en 15 ans une expertise forte sur la distribution et la monétisation des contenus avec des acteurs globaux et opérateurs Télécoms sur la France & le Benelux. Passionné par la transition numérique des industries culturelles, Cyril intervient dans le MBA PRODUCTION TV, DIGITAL et CINEMA

Cyrille Morette Bonjour Cyril, quel est votre parcours ?

Diplômé de l’Edhec Business School, avec une spécialisation marketing en 2003, j’ai effectué plusieurs stages au cours de mon cursus. Par exemple chez L’Oréal en Catégorie Management Maquillage. Ou dans l’industrie automobile chez PSA Peugeot Citroen. Mais sans grande surprise, c’est dans l’univers qui m’a toujours passionné, le cinéma et « l’Entertainment » au sens large, que j’ai débuté véritablement mon parcours professionnel, en rejoignant les équipes Warner Bros. fin 2004. J’ai eu la chance de m’y voir confier différentes missions pendant près de 13 ans. Marketing produit en charge du lancement des films français, séries TV, puis Back Catalogue ; Responsable du trade marketing, puis Responsable des ventes France et Benelux pour le Business digital VOD & EST.

En 2016 j’ai rejoint la structure 20th CENTURY FOX PATHE EUROPA pour prendre en charge la stratégie des ventes digitales en tant que membre du comité de direction.

Au cours de ces 16 dernières années, j’ai développé une forte expertise sur la distribution et la monétisation de contenus dans un univers digital, via les plateformes d’acteurs globaux (Apple TV, Google play…), ou d’opérateurs Télécoms locaux ; et cela tant pour l’univers du cinéma au sens large (films, séries TV, contenus jeunesse) que pour les Jeux Vidéo en particulier via les modèles de distribution en « Cloud Gaming ».

Quels sont les grands enjeux pour les plateformes d’abonnement qui se lancent : Disney +, HBO Max, Apple, Salto… ?

 

L’industrie des biens culturels, comme nos sociétés d’ailleurs, est confrontée à une profonde mutation, un véritable changement de paradigme, tous deux engendrés par la révolution numérique.

Cette révolution bouleverse drastiquement l’ensemble de la chaine de valeur. Du modèle de financement des productions, aux modes de diffusion & distribution des contenus. Avec, en pierre angulaire, l’évolution des modes d’accès et de consommation des contenus : de la possession vers l’usage : du flux linéaire aux offres à la demande. Et l’émergence des offres « all you can eat ».

L’année 2020, marque le début de ce que certains appellent « la guerre du streaming ».
Elle s’annonce absolument passionnante, avec le lancement des plateformes des principaux majors de cinéma : Disney, Warner, Universal. Mais aussi l’émergence de certaines réponses à un niveau local.

Les challenges sont nombreux :

  • émerger face à la surabondance d’offres de contenus pour les consommateurs ;
  • se différencier au travers de leur contenus exclusifs ;
  • développer des partenariats stratégiques avec les opérateurs par exemple pour « rebundler » les offres (sorte de bouquet tv) ;
  • mais également s’adapter (ou faire bouger) aux enjeux réglementaires, etc.

Qu’allez-vous enseigner à l’EMIC ?

 

C’est sur l’évolution des modèles de distribution que je souhaite orienter l’échange avec les étudiants. Cela en parcourant avec eux, à la fois :

  • le socle de base, nécessaire à une compréhension solide de l’évolution des modèles de distribution (overview marché, données clés, intervenants majeurs, enjeux, etc.)
  • les différents business modèles (première approche et notions clés)
  • tout en gardant en perspective les nouveaux métiers qui peuvent intéresser les étudiants.

 

Quels sont vos conseils aux étudiants qui veulent travailler dans cette filière ?

 

Être passionné.e ! Car, tant l’industrie des produits culturels que la révolution numérique qu’elle traverse, sont absolument passionnantes.

Se tenir informé.e et regarder ce qui se fait ailleurs. Car le cinéma n’est pas le seul à vivre cette mutation !