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de CANDIDATURE

Programmateur de Festival ou Salle de Concert

Élodie Mermoz, programmatrice du festival Kioquorama et du Printemps de Bourges nous parle de son métier

Elodie Mermoz, Programmatrice de Kiosquorama et du Printemps de BourgesPouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Je suis arrivée dans le secteur des musiques actuelles par passion et par détermination aussi. C’est un secteur qui exige une nécessaire cohabitation des deux. Très vite attirée par le live j’ai eu la chance de décrocher un premier stage qui m’a permis d’apprendre énormément sur la production de concerts et sur la mise en place de tournées, le booking et la communication.

Je me suis assez vite retrouvée bookeuse indépendante à l’issue de ce stage, découvrant qu’entreprendre et impulser des projets permettait de développer son réseau, son expertise, en étant aussi confrontée vite et au plus près aux écueils.

J’ai ensuite décroché, au fil des rencontres, un poste de programmatrice pour une salle parisienne, la Dame de Canton. En intégrant ce lieu j’ai également intégré le réseau MAP, fédération des professionnels des musiques actuelles de Paris. Au sein de ce réseau j’ai fait des rencontres déterminantes, qui ont donné lieu à des collaborations qui ont encore cours aujourd’hui et qui m’amènent désormais à développer également des projets sur le territoire européen.

A quoi sert le programmateur de Festival ?

Un programmateur, de salle ou de festival, sert à définir l’identité et l’âme d’un lieu. Il faut, sans que cela ne freine l’éclectisme des contenus, définir une ligne éditoriale et un positionnement pour le lieu ou le festival dont on assure la programmation. Est ce que je souhaite afficher ma salle/mon festival comme un lieu qui accompagne l’émergence ? La scène indépendante ? Comme un lieu sensible à la francophonie, aux musiques urbaines, à la chanson, au rock ?

Être programmateur c’est tout simplement définir une direction artistique et s’attacher à la rendre lisible. Je perçois aussi le métier de programmateur comme un véritable métier de médiation. Médiation entre un public, souvent local, et des artistes, médiation entre ces mêmes artistes et le secteur professionnel. Et parfois même médiation entre les artistes et les pouvoirs publics! Être programmateur c’est aussi inscrire une direction artistique dans une réalité économique. Soutenir l’émergence par exemple est un choix, qui implique de fait des recettes de billetterie moindres puisqu’il s’agit de soutenir une scène moins identifiée par le grand public.

Comment transformer ce choix en une force économique ? Comment sensibiliser le public à l’envie de découvrir? C’est un peu ça le métier de programmateur, trouver un chemin entre un parti pris artistique et une réalité sociale et économique, c’est un métier passionnant qui repose sur des réflexions parfois bien plus transversales qu’on ne l’imagine !

KiosquoramaPouvez-vous nous décrire une semaine type ?

Une semaine type est souvent une longue semaine, faite de longues journées ! Se mélangent au fil de cette semaine du temps d’écoute, devant son ordinateur, pour faire le tri dans les propositions reçues. Un temps de veille aussi, pour aller repérer des projets qui ne sont pas encore arrivés jusqu’à vous, pour voir ce qui fonctionne dans d’autres lieux, ce qui fonctionne moins. Du temps dédié au réseau aussi, à la rencontre avec les autres professionnels de ce secteur: labels pour être informé(e) des sorties d’album, éditeurs pour idem, connaitre les projets qui semblent monter, institutionnels, pour la partie relative aux subventions entre autre, artistes aussi, qui parfois nous sollicitent pour des rencontres. Des jurys également, les programmateurs sont souvent impliqués dans des commissions d’attribution de subventions pour des tournées, des sorties d’album, des aides à l’accompagnement.

La partie offres et négociations peut occuper un espace temps relativement important. Un groupe vous plait ? Il y a alors une négociation à entamer, sur le prix de vente du concert à mettre en adéquation avec votre budget, les conditions d’accueil technique, les disponibilités, etc. Il y a également souvent des réunions d’équipe pour coordonner communication, technique, accueil des public, qu’il s’agisse d’un festival ou d’une salle. Et puis enfin le soir: les concerts! Ceux de votre lieu et puis ceux où vous vous rendez pour découvrir d’autres artistes en live, faire votre travail de veille sur le terrain !

Quelles sont les qualités requises pour faire ce métier ?

Je crois que la curiosité est déjà un immense préalable! Un sens de la communication également, c’est un véritable métier relationnel. Il faut aussi de la rigueur, de la détermination, et sans aucun doute une appétence pour le travail en équipe, c’est à la fois un métier souvent solitaire dans toute la phase prospective mais complètement collectif dans sa mise en place.